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n°57 11 avril 2006
Le projet de « Grand Kurdistan » irakien : capitale Kirkouk !
LE DANGER EXPANSIONNISTE KURDE par Gilles Munier
Les Kurdes sont à peu près 30 millions, répartis principalement sur quatre pays : la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Aujourd’hui en Irak, Massoud Barzani et Jalal Talabani seraient – dit-on - sur le point de proclamer l’indépendance du Kurdistan. La carte du nouvel Etat, présentée en juillet dernier à l’ « Assemblée nationale », englobe des territoires sur lesquels les Kurdes n’ont aucun droit de préemption… mais qui sont riches en pétrole. Il ne fait aucun doute que ce « Grand Kurdistan», décrété unilatéralement, sera une source de conflits incessants qui déstabiliseront le Proche-Orient. Personne – à part les Etats-Unis et Israël - n’a à y gagner, surtout pas les Kurdes.
L’article 62 du Traité de Sèvres de 1920 - récusé en juillet 1923 par le Traité de Lausanne – prévoit d’accorder « l’autonomie locale » aux régions « où domine l’élément kurde ». Une carte du Kurdistan – que l’on pourrait intituler aujourd’hui « Très grand Kurdistan » - présentée à Sèvres par la délégation kurde, recouvre un territoire s’étendant des abords de la Méditerranée au Golfe arabe… C’était inacceptable pour les grandes puissances de l’époque – France, Grande-Bretagne - pour la Turquie, pour les Arabes et pour les Arméniens qui revendiquent une partie des régions que les Kurdes s’approprient.
En Mésopotamie, ce Kurdistan englobait le Willayet de Mossoul, le Sindjar près de la frontière syrienne, la région de Soulimaniya, Kirkouk, et s’arrête du côté de Qanaqin, au nord-est de Bagdad sur la frontière avec la Perse. Pour satisfaire ces revendications, les Anglais envisagaient de créer un royaume kurde, mais uniquement au nord du Willayet de Mossoul. Ils cherchaient en fait à court-circuiter les Turcs qui voulaient qu’on leur rétrocède la ville. Il n’était pas encore question de Kirkouk car le drapeau anglais n’y flottait pas encore. Le projet fut abandonné lors de la création de l’Irak (1) car le sous-sol du nord du pays est gorgé de pétrole... Révoltes au Kurdistan irakien Toutes les révoltes déclenchées par les Kurdes en Irak depuis cette époque l’ont été au nom de l’autonomie, mais la question des frontières administratives a rarement été abordée.
Pour Nouri Saïd – Premier ministre pro britannique, de mère kurde – l’autonomie n’est pas l’objectif réel des chefs rebelles. En octobre 1930, parlant de ses négociations avec eux, il informe le Haut Commissaire britannique à Bagdad : « Au début, il s’agissait d’obtenir l’inclusion de garanties… puis les Kurdes manifestent leur mécontentement à l’égard de l’administration existante… puis ils demandent une quasi autonomie et maintenant c’est la sécession » (2).
En Irak, le Kurdistan n’a jamais existé en tant d’Etat pour la simple raison qu’il n’y avait pas d’Etat dans l’empire Ottoman au sens occidental du terme. Il y avait bien eu des principautés kurdes plus ou moins indépendantes du Sultan d’Istanbul, mais elles ne couvraient qu’une infime partie du Kurdistan.
Le Cheikh Mahmoud Berzendji auto- proclamé « humkudar » (roi) du Kurdistan en 1922 ne règne que sur la région de Soulimaniya. Les représentants de Kirkouk siégeant dans son conseil – en fait, ses aides de camp - sont… Turcomans. Les Anglais écrasent sa révolte en utilisant des bombes incendiaires, des gaz asphyxiants, et le déportent dans le sud de l’Irak.
Autre révolte en 1931 : le Cheikh Ahmed Barzani – personnage haut en couleurs qui envisageait, dit-on, de se convertir avec sa tribu au christianisme – parvient à contrôler une région située entre la frontière turque et Aqra, au nord du Mossoul. La RAF bombarde son PC de Barzan et le Cheikh s’enfuit en Turquie.
Son frère Mustapha Barzani prend la relève et ira en Iran avec plus d’un millier de guerriers au service de la petite République kurde de Mahabad. Le nouvel Etat, proclamé le 22 janvier 1946, s’effondre moins d’un an plus tard, abandonné par son allié soviétique. Qazi Mohamed, son Président, est condamné à mort et pendu ; et Mustapha Barzani se réfugie en URSS.
Mustapha Barzani, « Soldat de Kassem » Mustapha Barzani revient triomphalement à Bagdad onze ans plus tard, après le renversement de la monarchie hachémite par le Général Abdel Karim Kassem. Plusieurs ministres kurdes entrent alors au gouvernement, dont le fils de Cheikh Mahmoud. En échange de la garantie du respect des « droits nationaux » des Kurdes au sein de « l’entité irakienne » et de la parution de journaux kurdes, Barzani se proclame « Soldat de Kassem », et aide celui qui se fait appeler le « Zaïm » (le Leader) à étouffer dans le sang une rébellion nationaliste arabe dirigée à Mossoul par le Colonel Abdel Wahab Chawaf. Blessé, le colonel est achevé sur son lit d’hôpital. Quatre cents de ses partisans – notamment des bédouins Chammar - sont massacrés dans une mosquée par les milices kurdes et les « Forces de Résistance Populaire ».
Le soutien de Barzani au régime de Kassem va plus loin. En mai 1959, il prête main-forte à l’armée irakienne pour réprimer… une révolte de chefs kurdes de la région de Rawandouz. Plus de 24 000 Kurdes s’enfuient en Turquie et en Iran !
Les relations entre Mustapha Barzani et le Général Kassem se détériorent après un long séjour passé par le chef kurde à Moscou, une façon sans doute pour les Soviétiques de signifier au « Zaïm » qu’ils n’apprécient pas sa décision d’évincer du pouvoir le Parti communiste irakien (PCI). Barzani se réfugie dans les montagnes et la guerre reprend. Curieusement, les revendications qu’il fait parvenir à Kassem en mars 1962 sont modérées. Il ne parle que d’ouvertures d’écoles, de développement agricole et industriel, de reconnaissance de la langue kurde ; pas d’autonomie ni de frontières.
Revendications autonomistes Le 8 février 1963, les Baassistes et les Nassériens renversent Kassem. Abdul Salam Aref accède au pouvoir. Le 4 mars 1963, à la rencontre dite de Kani Maran (la Source aux serpents), Barzani remet une liste de revendications assorties d’un ultimatum à une délégation venue de Bagdad. Cette fois, il réclame l’autonomie pour une région comprenant les liwas (provinces) de Soulimaniya, de Kirkouk, et d’Erbil et des districts des liwas de Mossoul et de Diyala ; ainsi que la répartition des revenus pétroliers entre Kurdes et Arabes. En cas de refus, il menace de reprendre les combats dans les 3 jours.
Bien évidemment, Bagdad rejette les exigences exorbitantes du chef kurde, ce que Barzani souhaite. Le Général Aref accepte néanmoins de reconnaître les « droits nationaux du peuple kurde » sur la base d’une sorte de décentralisation, ce qui dans le contexte politique régional de l époque est une avancée. Le ton monte : en avril 1963, Jalal Talabani – chef du courant dit progressiste au sein du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) - accentue la pression sur le nouveau régime et demande la transformation de l’Irak en Etat bi-national. A Bagdad, on crie à la provocation ! Les Kurdes font sauter des installations pétrolières près de Kirkouk.
En novembre 1963, Aref élimine les Baassistes du pouvoir. Est-ce un hasard ? Les exigences de Barzani se font aussitôt moins pressantes… Le PDK l’accuse d’être trop conciliant. Menacé, Jalal Talabani s’enfuit en Iran. Ses partisans sont pourchassés par Obeidollah Barzani.
Nouveau retournement en 1964 : Mustapha Barzani exclut tout retour des « régions libérées » sous l’autorité de Bagdad et réclame l’autonomie. En secret, il s’allie au Chah d’Iran dont l’aide militaire et financière – avec celle des Etats-Unis et d’Israël - vont lui permettre de contrôler un territoire montagneux s’étendant de la frontière syrienne à la région de Qanaqin, à l’exception notable des grandes villes kurdes. Jalal Talabani, lui, prend le parti de Bagdad et participe avec des unités de mercenaires kurdes à la bataille du mont Hendrin (2875m) face à Idriss Barzani et 1 700 peshmergas.
Projet d’autonomie pour les Kurdes Le 17 juillet 1968, le Général Abdel Rahman Aref – qui a pris la suite de son frère mort dans un accident d’hélicoptère – est renversé. Le Baas, avec à sa tête le Général Hassan Al-Bakr, prend le pouvoir et le consolide. Il soutient d’abord Jalal Talabani qui fait la chasse aux barzanistes, cette fois pour le compte du Baas… Les combats au Kurdistan font rage, sur fond de conflit larvé irano-irakien, jusqu’à ce que Saddam Hussein, alors Vice-président du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR), soit chargé d’entamer des négociations avec les rebelles.
Le 11 mars 1970, Arabes et Kurdes parviennent à un accord historique. Ils s’entendent pour que l’autonomie soit accordée, dans un délai fixé à 4 ans, aux gouvernorats peuplés majoritairement de Kurdes. La langue kurde devient langue officielle avec l’arabe dans la région autonome, un Vice-président de la République sera obligatoirement kurde et les unités de mercenaires de Jalal Talabani devront être dissoutes. Enfin, le PDK peut reprendre ses activités et publier son journal « Al-Taakki ».
Pendant les quatre années suivantes, la délimitation des frontières administratives et le statut de la région autonome furent l’objet de discussions serrées entre Saddam Hussein et le PDK. Idriss Barzani, représentant son père, s’appuyant sur une carte du 18ème siècle, réclame l’intégration des régions de Sindjar - avec le champ de pétrole d’Aïn-Zaleh - de Kirkouk et de Khanaqin dans la future région autonome. Saddam Hussein refuse, arguant qu’il n’y a aucune raison de reconnaître des droits territoriaux aux Kurdes dans des régions où ils ne sont pas majoritaires, même si c’était le cas par le passé (3).
Finalement, les gouvernorats retenus sont : Dohouk, Erbil, Soulimaniya. Celui de Kirkouk, comportant de nombreux « secteurs mixtes » - c’est à dire peuplés de plusieurs ethnies et minorités non- kurdes, comme les Turcomans – ne fait pas partie du projet de région autonome.
La Région autonome du Kurdistan Malgré ces avancées, Mustapha Barzani ne veut rien entendre. Il craint que l’autonomie ne remette en cause le pouvoir de la féodalité kurde sur les paysans qui la sert comme au Moyen Age. Il voit d’un mauvais oeil l’application au Kurdistan de la réforme agraire en vigueur dans le reste du pays. Comme à son habitude, il fait donc monter les enchères : il exige Kirkouk et demande que les ressources pétrolières du nord soient réparties au nombre d’habitants des régions concernées. L’autonomie financière fait-il savoir, est plus importante que l’autonomie administrative. Nouveau refus de Saddam Hussein. Un Etat, dit ce dernier, ne peut désavantager le développement d’une région moins peuplée qu’une d’autre. Barzani n’est plus, pour lui, dans une logique d’autonomie, mais de confédération.
La signature du Traité d’amitié irako-soviétique en avril 1972 et la nationalisation de l’Iraq Petroleum Company (IPC) vont changer la donne et lui offrir l’occasion de reprendre les combats. Dès le mois de mai 1972, la CIA apporte secrètement son soutien financier. Conséquence : le 11 mars 1974, quand l’autonomie est enfin octroyée aux Kurdes, Mustapha Barzani la rejette. Il avouera plus tard au journaliste Paul Balta du Monde que « qu'Israël, l'Iran du Chah, et les Etats-Unis l'avaient fortement dissuadé d'accepter cet accord en espérant que les Kurdes déclencheraient une guérilla pour affaiblir Saddam Hussein dont le projet de modernisation de l'Irak inquiétait déjà les Etats-Unis et leur grand allié Israël » (4). Dans une interview au Washington Post du 22 juin 1973, il promet aux Etats-Unis de servir leur politique dans la région et si l’aide américaine s’avère « substantielle » de « prendre le contrôle des puits de Kirkouk et d’en confier l’exploitation à une compagnie américaine ». Selon le Rapport Pike rédigé par la CIA en 1975, il se serait même déclaré prêt à faire du Kurdistan le 51ème Etat des Etats-Unis !
Le PDK se disloque. Obeidollah Barzani est de ceux qui estiment que l’expérience d’autonomie négociée en Irak vaut la peine d’être tentée. En avril 74, il sera nommé ministre d’Etat. Son père le traite de « traître ». Plusieurs membres du Politburo fondent un PDK dissident à Bagdad, et il ne sera plus question des frontières de la Région autonome du Kurdistan jusqu’à la chute de Bagdad en avril 2003.
La rébellion kurde teint tête à l’armée irakienne jusqu’à l’Accord d’Alger signé le 6 mars 1975 par le Chah et Saddam Hussein. Les deux pays belligérants s’engagent, dans une clause secrète : ne plus aider leurs oppositions respectives. La guérilla kurde s’effondre en quelques jours. Mustapha Barzani meurt le 2 mars 1979 d’un cancer aux Etats-Unis où il s’est installé avec son fils Massoud.
Indépendance de fait On aurait pu penser que l’histoire des relations entre la rébellion kurde et Bagdad, riche en rebondissements, allait s’arrêter là. Il n’en est rien : après avoir renversé le Chah d’Iran, l’Ayatollah Khomeiny fait appel aux Kurdes pour déstabiliser l’Irak. Avant de mourir, Mustapha Barzani renvoie Massoud au Kurdistan irakien pour ne pas laisser le terrain libre à Jalal Talabani qu’il déteste.
Avec le déclenchement de la Première guerre du Golfe (1980-1988), dite Iran-Irak, la rébellion est relancée. La répression est terrible. Lors de l’opération Anfal, dirigée par Ali Hassan Al-Madjid, une zone de sécurité est créée le long des frontières : les villages sont détruits et leur population déplacée et regroupée. A chaque intrusion iranienne en Irak, les gaz de combat sont utilisés, parfois de part et d’autre comme lors de la bataille controversée de Halabja. Pendant toute cette période, le gouvernement régional, situé à Erbil, poursuit ses activités.
L’accalmie découlant du cessez-le-feu signé par l’Iran le 18 juillet 1988 est de courte durée. L’’entrée des troupes irakiennes au Koweït en août 1990 débouche sur une Seconde guerre du Golfe, et à l’instauration en avril 1991 d’une zone d’exclusion aérienne au nord du 36ème parallèle. Massoud Barzani et Jalal Talabani ont les mains libres au Kurdistan pendant treize ans.
Les frontières inacceptables du « Grand Kurdistan » irakien Aujourd’hui, son fils Massoud Barzani est Président de la Région autonome. Jalal Talabani est « Président de la République ». Ils ont fait taire provisoirement leurs querelles et grignoté des portions de territoires hors de la Région autonome. Ils n’ont plus à craindre l’armée irakienne : elle a été dissoute par Paul Bremer ; et ils interdisent à toute force armée de pénétrer dans la zone qu’ils contrôlent si elles sont composées d’Arabes. Leurs milices entraînées, armées et protégées par les Américains et les Israéliens, sont apparemment en position de force pour s’emparer de Kirkouk, du Sindjar et de Qanaqin.
La carte présentée à l’Assemblée nationale irakienne en juillet 2005 par Mullah Bakhtiyar, un des dirigeants de l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan), comprend le gouvernorat de Ninive dans sa totalité, c'est-à-dire avec Mossoul, Tell Afar (5% de Kurdes, 75% de Turcomans !), le Sindjar (Yézidi) et une grande partie du plateau de la Djeziré. Elle englobe ensuite bien évidement Kirkouk et Tuz Kurmatu – tout le Turkmeneli, pays des Turcomans - puis elle coupe Baqubah et passe à une quinzaine de kilomètres à l’est de Bagdad pour descendre au sud-est jusqu’à Jassan et Badra sur la frontière avec l’Iran. La chaîne du Hamrin sert au nord de « ligne de démarcation » entre Arabes et Kurdes. Et encore, certains extrémistes kurdes font valoir que si le Kurde Salah Eddine (Saladin) est né à Tikrit – située au sud de cette montagne - c’est parce que la ville l’était aussi !
Le tracé de la carte du Kurdistan a été adopté par le Parlement kurde. Selon Mullah Bakhtiyar, il est basé sur des « faits historiques et géographiques ». Les Kurdes, a-t-il dit aux membres de l’assemblée médusés, veulent bien négocier des privilèges ou des postes ministériels mais les frontières du Kurdistan sont une ligne rouge à ne pas franchir (5). Les chefs kurdes pourraient bien réclamer que les Kurdes vivant en Irak hors du Kurdistan dépendent de l’Etat kurde et soient considérés comme des citoyens privilégiés, comme le demandait Barzani dans son contre projet de loi régissant la région autonome (6).
Jalal Talabani a proposé aux Turcomans en janvier dernier un statut d’autonomie (7) … au sein du futur Etat kurde, mais la confiance ne règne pas. Les Turcomans veulent qu’on respecte leurs droits sur la terre de leurs ancêtres. Talabani n’a d’ailleurs pas répondu lorsqu’on lui a demandé d’indiquer les régions concernées… Dans le projet « Grand Kurdistan », les Yézidis et les Shabaks (8) qui se disent ni Kurdes, ni Arabes sont « kurdifiés ». Les Assyriens sont décrétés Kurdes parce que parlant le kurde, à la différence des Chaldéens qui sont dits Arabes, comme si l’origine du schisme religieux entre ces deux communautés découlent de leur appartenance ethnique supposée.
Massoud Barzani et Jalal Talabani veulent « le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière »... Ils devraient se contenter du territoire de la Région autonome avec quelques aménagements négociés, et entamer les réformes sociales tant attendues par leur peuple. Sinon, ils doivent s’attendre à des révoltes populaires, comme à Halabja en mars dernier où des manifestants furieux ont détruit le mausolée.
Qui peut croire que les Turcomans et les Arabes accepteront la politique du fait accompli ? Ils ne se laisseront déposséder ni leur identité ni de leurs terres. Il y aura de nouvelles guerres et les « amis » américains et israéliens ne répondront pas toujours aux appels à l’aide des féodaux kurdes.
(10/4/06)
Notes :
(1) Alerte au Kurdistan, par Edouard Sablier – Le Monde, 26/9/61 - (2) Lettre du 18 octobre 1930, source : Foreign Office 371 14 523, citée par Chris Kutschera, Le mouvement national kurde, Flammarion, 1979 - (3) Compte rendu des négociations - Exposé de Saddam Hussein, le 11 mars 1975 – Propos sur les problèmes actuels, Editions Ath-Thawra – Bagdad (sans date) - (4) Le projet politique des Etats-Unis n'est-il pas d'atomiser le Proche-Orient ? Interview de Paul Balta par Saïd Branine (26/3/03) http://www.oumma.com/article.php3?id_article=593&var_recherche=paul+balta (5) Kurdish leaders redrawn map with larger Kurdistan. (6) L’Irak nouveau et le problème kurde, par Aziz El Hadj, Ed. Khayat, 1977 – (7) The New Anatolian (30/1/06) - (8) Iraq’s Shabaks are being opressed by Kurds, par le Dr. Hunain Al-Qaddo. Http://web.krg.org/articles/article_print.asp?ArticleNr=4744
Prochains articles : L’axe israélo-kurde – A propos de la bataille de Halabja REVUE DE PRESSE
La Résistance est confiante en la victoire finale
« En Irak, les Américains combattent un ennemi qu’ils ne connaissent pas » ainsi commence le rapport de l’ICG », le Groupe International de Crise (International Crisis Group) basé à Bruxelles, publié le 15 février sous le titre « Avec leurs propres mots : interprétation de l’insurrection irakienne ». Ce rapport, le premier en son genre, reprend les discours, analysés, des insurgés, liste quelques groupes, entre nationalistes et djihadis moins divisés que prévu, dont la stratégie et les tactiques ont évolué, et dont la confiance en la défaite de l’occupation « augmente ».
Ce que dénonce le rapport en tout premier est l’incapacité de Washington à comprendre ces groupes et à les canaliser alors qu’un matériel abondant –sous évalué et sous estimé- est disponible sur les sites Internet de la résistance, les forums de discussion, les vidéos, les enregistrements et les tracts. Selon les termes du rapport : « Que les Etats-Unis ignorent ou ne réussissent pas à prendre en considération ce que disent les insurgés- à une époque où eux prêtent une attention particulière à ce qui vient de Washington- signifie faire la guerre avec une main attachée dans le dos ».
Les conclusions de l’ICG sont ahurissantes : la résistance est dominée par « quelques grands groupes » dotés de moyens de communication sophistiqués. Il ne s’agit plus d’un mouvement éparpillé et chaotique. Les groupes sont bien organisés, publient des documents régulièrement, réagissent rapidement à des développements politiques et semblent étonnamment centralisés. …Il y a un an les pratiques et l’idéologie semblaient la pierre d’achoppement des groupes mais les débats ont abouti à une convergence autour de la jurisprudence islamique sunnite, des doléances des arabes sunnites et autour d’une identité arabe sunnite Tous maintenant adhérent à une sorte de salafisme teinté de patriotisme, diluant les distinctions entre combattants irakiens et djihadistes étrangers, même si cette unité ne résistera pas à la fin de l’occupation.
En dépit des rapports contradictoires, il n’existe aucune volonté affichée qu’une seule des composantes de la résistance joigne le processus politique ou négocie avec les Etats-Unis. Si on ne peut exclure des pourparlers secrets, poursuit le rapport, le discours public demeure uniformément et implacablement hostile à l’occupation américaine. … Mais, tout n’est pas au beau fixe. La résistance doit encore présenter une vision politique claire, à long terme de l’Irak. Se concentrant sur des opérations, elle reconnaît que cela est prématurée et source de divisions. Cependant, les plus grands groupes ont été conduits à adopter une position plus cohérente sur les élections et la perspective d’un retrait anticipé des forces US les pousse à considérer d’autres questions politiques.
Entre-temps, la résistance est optimiste quant à la victoire, ce qui n’était pas le cas quand la guerre a été conçue comme un djihad sans fin contre un occupant qu’elle croyait déterminé à rester. L’optimisme vient de la conviction que la légitimité du Djihad ne fait aucun doute, que les institutions établies sous l’occupation sont fragiles et illégitimes et que la guerre d’usure contre les Etats-Unis est un succès.
L’émergence d’un mouvement de résistance sunnite confiant et mieux organisé, poursuit le rapport, « a des conséquences profondes pour les décideurs politiques ». Que cette résistance ait survécu, grossi même en dépit du fait que les forces en face sont plus nombreuses et mieux équipées, implique que les campagnes de contre insurrection portent en elles leur limite.
Les recommandations de l’ICG à la coalition conduite par les Etats-Unis et ses alliés irakiens comprennent le contrôle des forces de sécurité, les sanctions de leur comportement et la fin du recours aux milices communautaires en lieu et place des forces armées régulières.
Source : Al Ahram, 23 fevrier-1er mars 2006
Saddam Hussein : lettre au Sommet arabe de Khartoum Le Président Saddam Hussein a appelé, le 26 mars, les chefs d’Etat arabes réunis au Sommet de Khartoum à soutenir la résistance irakienne « matériellement et politiquement », afin de contrecarrer la conspiration « américano-sioniste » pour diviser l’Irak. Ce qui se passe en Irak, leur a-t-il écrit, n’est pas un accident ou le résultat d’erreurs de l’administration US, ce sont les étapes d’un projet dont l’objectif est la création de 3 Etats : un chiite, un sunnite et un kurde. Après, a-t-il ajouté, ce sera le tour de l’Arabie Saoudite, de la Syrie et du Soudan, puis ils établiront un foyer palestinien en Jordanie et dans l’ouest de l’Irak. Alors, les Etats-Unis contrôleront le pétrole et Israël aura vidé la Palestine de ses habitants légitimes. La chaîne Al Jazeera a par ailleurs diffusé le lundi 27 mars une cassette audio où Izzat Ibrahim Al Douri, Vice-président du Conseil de Commandement de la Révolution, et responsable du Parti Bass clandestin, a demandé aux chefs d’Etat arabes de boycotter le « régime d’espions et de traîtres » installé par les Américains et à reconnaître "la résistance irakienne comme seule représentante légitime du peuple irakien". OPINION Les législatives irakiennes vont-elles accélérer le retrait américain ? par Terouga
Entre les problèmes de santé d’A. Sharon, le dossier nucléaire iranien et le scandale des caricatures, les élections législatives irakiennes et la longue attente qui a précédé la proclamation des résultats sont passées plutôt inaperçues. Les commentateurs habituels ont bâclé l’affaire en annonçant une victoire des partis chiites. Reste que contrairement aux autres consultations électorales (élections du 30 janvier 2005 et référendum sur la constitution du 15 octobre 2005), les choses ont évolué depuis cette date, en effet, les Irakiens sunnites ont assez nettement réinvesti le champ politique. C’est un premier changement. Autre innovation notable : sur le terrain de la résistance à l’occupation, les mêmes réseaux sunnites semblent aussi décidés à éradiquer les « volontaires étrangers » responsables des pires atrocités sous prétexte de lutter contre les occupants et les chiites… Si cette intégration de quasiment tous les Irakiens dans le jeu politique sous occupation américaine fait le jeu de Bush, cela ne sera vérifié qu’à très court terme, car en évitant une guerre civile voulue par les extrémistes de toutes origines, la pression pour un retrait des 150 000 soldats américains ne va cesser de s’accentuer d’autant plus que les seuls vrais perdants de ces élections sont les candidats financés et soutenus par l’argent occidental.
A lire : texte intégral sur : http://que-faire.info/Principal/LegislativesIrakiennes.htm#haut
BREVES
Khadafi - Lors d’un interview accordé le 20 mars à la chaîne italienne Sky TG24, le Président Mouamar Khadafi a déclaré que le Président Saddam Hussein devait être considéré comme le président légal de l’Irak parce qu’il n’a pas été renversé par son peuple mais par des forces étrangères, et que l’actuel gouvernement est illégitime car élu sous l’occupation. « Il est dangereux d’envoyer des troupes pour éliminer des chefs d’Etat que l’on n’apprécie pas, demain – dit-il – ils s’en prendront à Castro, à Khadafi ou à Mugabe, ou encore à la Chine ou à la Corée du Nord ».
Insultes - Dans son intervention hebdomadaire du 19 mars, le Président vénézuélien Hugo Chavez a traité George W. Bush – qu’il surnomme M. Danger – de « lâche », lui enjoignant d’aller diriger ses troupes en Irak plutôt que de les commander de loin. Pour finir, il l’a traité d’ « âne », et d’ « alcoolique ou plutôt d’ivrogne ».
Danger - Ted Turner, fondateur de CNN - dont il a perdu le contrôle au profit de AOL et de Time Warner - s'inquiète de ce que George Bush qui « ne comprend pas assez le monde », soit un « ancien alcoolique » et qu'il a "la main sur la gâchette atomique". http://articles.news.aol.com/business/article.adp?id=20060328203409990008
Justice kurde - L’écrivain kurde Kamal Said Qadir qui avait été condamné à 30 ans de prison en décembre dernier (AFI-Flash n°54) pour avoir publié sur un site Internet des articles accusant de corruption le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et son chef Massoud Barzani, a vu sa peine réduite à un an et demi de prison ferme. Le juge Faridoun Abdullah, lié au service secret kurde - dirigé par Masrour Barzani, fils de Massoud – a déclaré que la sentence était proportionnelle aux charges pesant sur lui, et qu’il envisageait de le condamner à cinq ans. Nawzad Hadi Mawlood, membre du gouvernement provincial d'Erbil, trouve que Kamal Said Qadir a mis en danger la région : « Kamal a écrit que nous avons vendu la terre Kurde à Israël, ce genre de discours est très dangereux… Nos voisins – la Turquie, l’Iran, les Arabes – ne l’accepteraient pas. Le fait que ce soit un Kurde qui écrive cela rend ces accusations plus crédibles. Ces écrits pourraient pousser nos voisins à nous détruire, à nous attaquer ». http://www.kurdmedia.com/articles.asp?id=11775
Désintégration du Proche-Orient - Le prince Al-Hassan bin Talal de Jordanie met le monde en garde contre le risque d’éclatement de l’Irak : « Ma crainte est que nous ne soyons entraînés dans une spirale (...) de désintégration en une mosaïque de minorités ethniques et sectaires qui pourrait affecter la région dans son ensemble », a déclaré le prince à la presse. « Nous sommes confrontés à une situation de désintégration potentielle de la région dans son ensemble », a-t-il poursuivi. Comme dans les Balkans, « on mélange les pommes et les oranges en parlant des Kurdes comme si c’était une religion, alors que c’est une ethnie ». Al Ahram – Hebdo : http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2006/3/29/leve1.htm
Misère - Selon le quotidien irakien Azzaman (26/3/06), plus de 20% des Irakiens vivent aujourd’hui en- dessous du seuil de pauvreté. http://www.azzaman.com/english/index.asp?fname=news%5C2006-03-26%5C134.htm REVUE DE PRESSE
Dieu… et les armes de destruction massive
William Tierney, ancien inspecteur en armement des Nations Unies en 1990 en Irak, analyste militaire et traducteur d’arabe, a déclaré au cours d’un « Sommet du Renseignement », à Arlington, en Virginie que Dieu avait guidé ses pas vers les sites d’ADM . Le psaume 18 de la Bible, version du roi James, et un autre verset des Proverbes l’avaient profondément inspiré. « Dans toutes mes inspections de l’UNSCOM, Il avait dirigé mes pas vers les sites d’armes de destruction massive » et Il lui avait permis de découvrir un site Tamiyah, où en 1991, le programme nucléaire irakien était très avancé. Il est convaincu que Dieu lui permettra de révéler que l’Irak était derrière l’attaque du World Trade Center en 1993, et celle de Oklahoma en 1995. Il croit que l’Irak a orchestré la campagne terroriste de l’anthrax en 2001 en recourant au scientifique Steven Hatfill comme un exécutant. Le penchant de Tierney pour éclairer certains aspects du renseignement de ses croyances religieuses a mis fin à sa carrière. Il a ensuite été interrogateur à Guantanamo où il fut démis de ses fonctions « pour ne pas avoir respecté les procédures. Ledit « Sommet », très conversé, était organisé par l’ancien procureur général Loftus et financé en partie, par Michael Cherney, Israélien, interdit de séjour aux Etats-Unis en raison de ses liens avec la mafia russe. Source: Byron York, National Review, 20 février 2006.
CARICATURES DU PROPHETE « Quel homme fut plus grand ?» Lamartine
« Peut- on être dupe des fausses excuses de Karsten Juste, rédacteur en chef du journal danois, le Jyllands Posten, qui a osé publier le 30 septembre 2005 douze caricatures infâmes du prophète de l’islam pour présenter ses excuses quatre mois après ? Celui-ci essaie d’en expliquer les raisons,….à travers une page entière dans le quotidien égyptien Al Ahram, le 7 février 2006, … tout en présentant aux musulmans un paquet d’excuses hypocrites…. Car n’oublions pas que ce même premier ministre (danois), Ramussen, avait refusé catégoriquement de recevoir les ambassadeurs des pays arabes et musulmans en leur conseillant avec dédain de s’adresser à la justice…Pourtant selon certains sources, le même journal avait refusé de publier en 2003 des caricatures du Christ qu’il avait jugées trop offensantes (The Independent, 7 février 2006). » « Mais, la publication de ces caricatures va à l’encontre des lois danoises : le chapitre 266b du code pénal danois condamne les discours incitant à la violence et à la discrimination raciale. Cette loi existe depuis 1939. De plus, en 1972, le Danemark a été signataire de la convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales. » « Après avoir signé ladite Convention, le Danemark a introduit un certain nombre de textes, le dernier en date étant de 1995, sur l’incitation à la haine : « Toute personne qui, publiquement ou dans l’intention de les propager dans un cercle plus grand, fait des déclarations ou tout autre communication dans lequel un groupe de personnes est menacé, insulté ou dégradé en relation avec sa couleur, sa race, son origine ethnique ou nationale, ou sa croyance fera l’objet d’une amende, d’une simple détention ou d’un emprisonnement n’excédant pas deux ans ». De plus, un rapport du Centre Européen sur le Racisme et la Xénophobie de 2004 confirme que l’article 266b du CP danois couvre aussi les expressions écrites, images, caricatures et actes ou objets symboliques. … Cette position agressive et raciste contre l’Islam est consacrée officiellement dans les déclarations de la reine du Danemark Margaret dans sa biographie publiée le 15 avril 2005, une sorte de feu vert aux caricatures : « Nous sommes défiés par l’Islam aussi bien à l’échelle mondiale que locale. C’est un défi que nous devons prendre au sérieux, car nous l’avons trop longtemps délaissé après avoir été trop tolérants et nous devons déclarer vivement notre opposition envers l’islam quelles que soient les conséquences qui pourront en découler et sans faire cas de l’impact que cette déclaration pourra déclencher chez les musulmans du monde entier » « Maintenant, il ne nous manque plus qu’à obliger les Nations Unies a sortir une loi condamnant tous les actes diffamatoires et racistes qui porteraient atteinte aux symboles religieux de l’islam. Projet de loi qui ne manquera pas de déplaire à M. Nicolas Sarkozy qui, tout en prônant la défense de la liberté d’expression, déclara « On ne va pas faire une législation spécifique pour les musulmans » oubliant qu’il en existe une pour les juifs. Quant aux représentants de l’Express, du Nouvel Observateur et de France 2 prétendant que « Mahomet n’était… qu’un vulgaire terroriste » nous leur disons que notre réponse viendra … d’un noble Français, Lamartine qui reconnaît : « Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vint empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?.... ».
Sources : Al Ahram Hebdo, 22-28 février 2006, Al Ahram Weekly, n° 781
Villeurbanne : Soutien prisonniers irakiens et palestiniens
D'Abu Ghrayb à Ascalan : l'enfer des prisons de l'occupation, américaine et israélienne
Journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens et irakiens
Dimanche 16 avril, à partir de 15 heures Centre culturel Jean Pierre Lachaise (CCO) 39 rue Courteline, à Villeurbanne
Témoignages de A. Jabbar Qubaysi (Irak), résistant, ancien détenu à Abu Ghrayb et de Munir Mansour (Palestine), ancien détenu, président de l'association Ansar el-sageen.
Intervention de Gilles Munier, secrétaire général de l'AFI, à propos de la situation géopolitique de la région.
Documentaires, témoignages, stands, expositions.
Organisée par : Palestine en marche (membre du mouvement de soutien à la résistance du peuple palestinien, msrpp) - Amitiés franco-irakiennes - Espace Projets Interassociatifs (EPI) - Centre des cultures arabes et méditerranéennes (CCAM) - Organisation pour le développement des cultures (ODC) avec le soutien de Radio Trait d'Union et de Radio Salam. (Renseignements : 04 78 79 52 79 - EPI)
BREVES Fukuyama - Interviewé par Spiegel online (25/3/06), Francis Fukuyama, un des piliers du courant néo conservateur, a annoncé qu’il prend ses distances avec le courant néo conservateur, à cause de la tournure prise par les événements en Irak. La guerre, dit-il, n’était pas une bonne idée. L’invasion de l’Irak était basée sur des informations fausses et de mauvaises analyses... Pour lui, néanmoins, la guerre d’Irak demeure une bataille pour « gagner les cœurs et les esprits », un combat pour des idées. Il regrette que l’agression contre ce pays ait produit l’effet inverse à celui recherché. http://informationclearinghouse.info/article12488.htm
Déserteurs – Des GI’S qui refusent d’aller en Irak sont réfugiés au Canada. Ils y ont demandé l’asile en arguant que l’armée américaine viole les lois de la guerre. On estime leur nombre à 400, sur 9000 déserteurs depuis 2003. Le FBI les recherche. Dernièrement, un Américain ayant déserté il y a 38 ans des Marines au Vietnam a été arrêté à la frontière et incarcéré dans une prison militaire en Californie. http://informationclearinghouse.info/article12531.htm
Patrimoine archéologique - Des soldats italiens ont découvert des tablettes à l'écriture cunéiforme en creusant sur le site archéologique d’Eridu, pour partie situé sur une ancienne base irakienne. Selon Giovanni Pettinato, spécialiste de la Mésopotamie, il s’agit sans doute de la plus ancienne encyclopédie de l'histoire de l'humanité. La découverte est importante, mais prouve que les forces d’occupation effectuent des fouilles pour leur propre compte. http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=61313&provenance=moyenorient&bloc=05
« Zarqaoui » - Michael Berg, père du jeune Nicolas Berg assassiné il y a deux ans par “Zarqaoui”, est le candidat du Parti des Verts pour représenter l’Etat du Delaware au Congrès américain. Il fait campagne pour le retrait total des troupes US d’Irak et s’en prend à Hillary Clinton et John Kerry qui, dit-il, sont partisans de « l’escalade » et veulent envoyer plus de troupes dans ce pays.
Pejak - Trois Gardiens de la Révolution ont été tués en Iran près de la frontière turque par le Pejak. Cette organisation kurde iranienne, proche du PKK, aurait tué plus de 120 policiers au Kurdistan iranien l’année dernière. http://www.iranmania.com/News/ArticleView/Default.asp?NewsCode=41644&NewsKind=Current%20Affairs
Occupation – Le 17 mars, trois ans après l’agression contre l’Irak, le Général américain Peter Chiarelli, n°2 des forces d’occupation, a affirmé que l’armée et la police irakienne contrôleront les ¾ du pays… dans 6 mois. Trois ans après l’occupation de l’Irak, et des dizaines de milliers de victimes civiles, cela équivaut à dire qu’en dehors du Kurdistan et de la « Zone verte », les Etats-Unis ne sont pratiquement nulle part en sécurité.
CINEMA
LA VALLEE DES LOUPS – IRAK Le reître, le vengeur et le sage, par Jean Pileur
La Vallée des Loups (*) se fait l’interprète des souffrances d’un Irak crucifié par la colonisation américaine. Ce regard lucide et désolé, posé sur les tourments d’un pays livré à l’arbitraire et l’anarchie, vaut plus qu’un long pamphlet.
Sorti quasi clandestinement en France, alors qu’il fait un tabac en Allemagne, où la communauté turque se rend en cars spéciaux dans les salles de cinéma qui le projettent (certains länders l’ayant interdit), le film qu’ont déjà vu plus de trois millions et demi de spectateurs en Turquie dès le premier mois, semble poser problème en Occident. Quel regard le tiers monde peut-il porter sur une œuvre adulée par les uns et honnie par d’autres. Une lecture à plusieurs niveaux s’impose pour ce film qui est d’abord un récit d’aventures, traversé de scènes violentes, de propos jetés à l’emporte-pièce et de morceaux de bravoure. Le 4 juin 2003, des militaires Turcs en mission dans la région de Suleymaniyyé étaient arrêtés, encapuchonnés, battus et humiliés par des soldats Américains. A partir de cet évènement réel, le cinéaste raconte qu’un officier, s’estimant responsable et déshonoré par le traitement subi par ses hommes, se serait suicidé à Ankara. Il laisse derrière lui un mot à son meilleur ami, un agent secret Turc. Ce dernier part avec deux de ses hommes dans le nord de l’Irak pour le venger. A travers diverses péripéties qui se déroulent dans un contexte dangereux, de nombreux faits, de notoriété publique (tortures et volonté de dégradation à Abou Ghraïb, mitraillages de mariages, fouilles brutales, missions suicides, enlèvements d’étrangers, arrestations arbitraires et avilissantes), sont évoqués de manière saisissante.
La complexité des situations sur le terrain est parfaitement illustrée lorsque l’on montre des alliés de Washington se refusant à franchir certaines limites. Quand le « méchant » et cynique Américain (qui rappelle le Haut-commissaire Paul Bremer) demande à son meilleur allié kurde (sosie parfait de Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien) d’arrêter un vieux cheikh Turkmène, supérieur d’un ordre mystique soufi, celui-ci se refuse absolument à le faire. Alors qu’il n’hésite jamais à appesantir sa main, à s’attaquer aux Arabes, à renvoyer les Turkmènes et à narguer les Turcs, le chef peshmerga se rebiffe. « C’est un saint homme. Son père, connaissait le mien, son grand-père était un ami du mien, nos aïeux s’estimaient et se respectaient, je ne peux pas le faire et je ne le ferai pas ». Cette interpénétration de communautés, de tribus et de fidélités claniques dépasse l’entendement du schématique Yankee qui ne voit aucune objection à jeter ses hommes sur un mariage arabe, tout en s’affirmant l’ami de leur chef dans la région. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine l’Oncle Sam s’embourbe dans les bavures, les exactions et les excès de toute sorte. Or il semble le faire délibérément et cet aveuglement est loin d’être innocent. C’est ce que nous révèlent les propos intimes du responsable Us, tandis qu’a contrario, un soldat américain qui proteste contre un massacre gratuit et voudrait en faire rapport à sa hiérarchie, se voit gratifier d’une balle dans la tête. Il est vrai qu’à côté des Gi’s et des Marines, s’affichent toujours, vêtus de guenilles à la Rambo, des mercenaires de tout acabit, prompts à la dégaine.
Provocations contre sagesses séculaires Derrière cet aspect évènementiel se profile l’embrasement progressif de la région. En provoquant, en déstabilisant, en excitant les haines et en déchaînant les passions l’Amérique y est montrée allumant un brasier, où elle jette à pleines mains de l’huile sur le feu. En vis-à-vis, ses adversaires sont dépeints comme animés de hautes valeurs morales. Le cheikh soufi certes, mais aussi le James Bond Turc, se refusent à des pratiques qui rendraient leur cause vaine. « N’agissons pas comme eux, sinon notre combat n’aurait pas de sens » clame le héros. A plusieurs reprises se produit un rapprochement, entre les valeurs islamiques et celles du kémalisme laïc, unies contre l’Occident incarné une seule fois par un médecin juif et en maintes occasions et avec une grande violence par un christianisme évangéliste, millénariste, agressif et intolérant. Le Christ en croix y est présenté comme l’inspirateur de ces déchaînements. Par là même - et dans la mesure où n’est pas signalée la différence profonde qui sépare ces sectaires dangereux, que sont les « évangélistes », de la masse des chrétiens - le film pourrait inciter à des affrontements entre islam et christianisme, à ce fameux « choc des civilisations ».
D’autres références sont moins décryptables. Lorsque le « méchant » Américain demande aux petits Irakiens, qu’il utilise comme boucliers humains, de lui chanter l’hymne à la joie de Beethoven, à quel sous-entendu nous renvoie cette antienne, devenue hymne européen ? Quel sens a l’absence de réplique du héros qui s’esquive quand ce même « méchant » lui débite crûment quelques vérités sur une Turquie vivant depuis un demi-siècle aux crochets des Usa ? Comment mettre en balance certaines affirmations nuancées qui coexistent avec des propos exaltés sur la mère patrie turque ? Et enfin, comment ne pas admirer cette extraordinaire scène où l’on voit les derviches se tenant en rond, bras dessus bras dessous autour de leur cheikh, dans une transe extatique, rythmée par des psalmodies et une musique qui envoûtent le spectateur. A lui seul ce moment vaut tout le reste. Ce film qui est censé se dérouler entre Erbil et Kirkouk a du caractère et dépeint assez bien le contexte dramatique de l’Irak actuel. On pourrait lui reprocher quelques exagérations : l’héroïne est en permanence vêtue comme une princesse des mille et une nuits, le héros toujours parfaitement coiffé et rasé, etc. Il comporte cependant de nombreux traits qui forcent le respect. On y découvre que Turcs et Turcomans ne parlent pas la même langue (à l’encontre du panturquisme qui aimerait les identifier à des nationaux d’Ankara). On est saisi par la scène où le cheikh arrête d’un regard des excités décidés à décapiter un journaliste étranger et le relâche en lui disant : « Je sais que tu iras continuer à mentir sur notre compte ».
Si l’on reste suspendu aux péripéties du film c’est que l’on est touché par son message. Cette œuvre majeure qui relate les profondes souffrances engendrées par l’agression contre l’Irak est la première à être née au Proche-Orient. Qui, mieux que les autochtones, pouvait exprimer avec autant de sincérité et de force le traumatisme éprouvé dans cette partie du monde ? Cette voix pour les milliers de victimes, écrasées mais sans voix, révèle l’ampleur de la révolte qui se lève contre l’injustice qui leur est faite. Car qui sème le vent récolte la tempête. Et c’est pour l’étouffer que s’établit autour de ce film un mur de calomnies, de dérision et surtout de silence.
(*) Irak - La Vallée des loups (Kürtlar Vadisi – Irak), réalisateur Serdar Akar, 2006
BREVES Guerre de l’eau - Le contrat annuel d’achat de 50 millions de mètres cubes d’eau par Israël à la Turquie, signé il y a deux ans, est « suspendu ». Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, cette décision n’a rien à voir avec la visite d’une délégation du Hamas en Turquie, mais a été prise en raison de l’augmentation du prix du pétrole et des coûts pratiqués par la société turque charhée du transport depuis sa privatisation. La construction d’un pipeline serait à l’étude pour alimenter Israël en eau pompée dans la Manavgat. http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/702903.html
Escadrons de la mort - Pendant la période où Ibrahim Al Jaafari a été « Premier ministre”, 40 000 Irakiens ont été blessés par balles, kidnappés, ou assassinés, selon Hareth Al –Dhari, du Comité des Oulémas musulmans, qui accuse les escadrons de la mort d’être à l’origine de ces actions. http://www.uruknet.info/?s1=1&p=22286&s2=07
COMITE DE SOUTIEN A GILLES MUNIER
Interdiction d’aller en Syrie confirmée… pour l’instant
Communiqué : Le 24 mars 2006, la Cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance du Juge Philippe Courroye interdisant à Gilles Munier de sortir du « territoire national métropolitain »…
… « Considérant bien qu’il minimise son rôle, qu’il résulte de l’information des indices graves et concordants laissant présumer l’implication de l’appelant dans les faits correctionnels qui lui sont reprochés ; Considérant que les obligations du contrôle judiciaire auquel a été assujetti Gilles Munier répondent à titre de mesure de sûreté et pour les besoins de l’information aux exigences de l’article 137 du code de procédure pénale ; Que la Cour statue au regard des éléments de droit et de fait relatifs à l’appelant ; Considérant que les investigations nationales et internationales se poursuivent notamment sur le degré d’implication de chacun des mis en examen et il est nécessaire d’éviter toute concertation avec les co-auteurs ou complices à identifier ainsi que toute pression sur les témoins qui sont susceptibles d’être entendus notamment dans les pays du Proche Orient dont la Syrie ; qu’il est également nécessaire d’éviter toute destruction de preuves ainsi dans le cadre bancaire ; Considérant en outre que Gilles Munier ne déclare aucun emploi en France et sa représentation en justice doit être assurée alors que ses activités associatives sont orientées vers les pays du Proche Orient où il conserve de nombreuses attaches ; que la copie de la lettre du 17 mars 2006 d’un éditeur révèle que cet écrit a été établi postérieurement à l’ordonnance déférée et ne fait aucune référence à la nécessité d’un déplacement en Syrie ; Que dès lors, la demande de l’appelant doit être rejetée et l’ordonnance confirmée… »
Gilles Munier adressera à la Justice une nouvelle demande motivant mieux qu’il ne l’a fait la nécessité pour lui de se rendre en Syrie pour effectuer des recherches lui permettant d’étoffer un ouvrage en cours de rédaction.
Par ailleurs, il a adressé au Juge Courroye une demande l’autorisant à se rendre en Italie en vacances avec son épouse. (8/4/06)
PALESTINE
En Israël : cimetières et mosquées profanés A Jérusalem, le Centre Simon Wiesenthal de Los Angeles veut construire un « Musée de la tolérance » sur l’emplacement du cimetière musulman Ma'manullah, vieux de 15 siècles, où sont notamment enterrés des amis du Prophète Muhammad et un certain nombre de personnalités arabes illustres. Ce projet démentiel, estimé à 150 000 millions de dollars, a été décidé en 2004 lors d’une réunion entre d’Ehud Olmert et Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie. A Safad et dans sa région, plusieurs églises et mosquées ont été profanées ou détruites. Le parti Kadima, fondé par Ariel Sharon et… Ehud Olmert a transformé en siège électoral la mosquée Al-Ahmar - la mosquée rouge - construite en 1266 par le gouverneur mamelouk Dhaher Baybars. A noter aussi qu’à Safad, la maison du Président palestinien Mahmoud Abbas est depuis des années le siège local du Likoud ! http://www.arabs48.com http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article344233.ece
Le scandale des prisons israéliennes
Selon le rapport de février 2006 du ministère
palestinien des Affaires des prisonniers et libérés, il y actuellement
dans les prisons israéliennes 9300 prisonniers palestiniens et arabes (dont
117 femmes et 470 enfants). Ils sont répartis dans 28 prisons,
centres de détention et d'arrestation.
La situation des femmes y est particulièrement
inhumaines : « Les femmes palestiniennes ont été réprimées,
torturées, et ont subi toutes sortes de pressions psychologiques. Elles
sont exposées à des conditions, des comportements inhumains, sont
enfermées dans des lieux inappropriés. La police de la prison et les
geôlières les provoquent sans cesse, les insultent et les agressent. Les
femmes subissent les fouilles à nues humiliantes, lors de leur passage
au tribunal ou de leur transfert d'une section à l'autre ». Les cause de décès sont : les exécutions (71 prisonniers), la torture (70 prisonniers), la négligence médicale (40 prisonniers). « Liberté d’expression » (…) Entre 2002 et 2005 plusieurs journalistes ou intellectuels français ont fait l’objet de pressions, de menaces et de harcèlements, simplement parce qu’ils ont osé montré la réalité de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Curieusement aucune de ces personnalités n’a bénéficié du soutien public de ceux qui hurlent aujourd'hui. Pire, plusieurs d’entre eux ont été écartés, démissionnés, ou simplement virés, quand ils ne sont pas aussi traînés devant les tribunaux. Dans cette liste on peut citer : Daniel Mermet (France Inter), Sylvain Cypel (Le Monde), Plantu, Charles Enderlin (France 2), Pascal Boniface(PS), Alexandra Schxartzbord (Libération), Alain Menargues (RFI), Edgar Morin (philosophe), Sami Naïr (MDC)… En 2004, on apprenait que le groupe France Télévision refusait de diffuser un spot publicitaire du groupe optique Visual. Dans ce spot on voyait un sosie de G. Bush, portant des lunettes, s’excuser publiquement d’avoir confondu des bactéries d’anthrax avec du sucre et des armes de destructions massives avec des silos à grains. La grande bouffonnerie ou l’obsession du complot, par F. Meziane, un indigène de la République 37 http://www.indigenes37.org/article.php3?id_article=165
Mélange des genres Lors de la manifestation parisienne en hommage à Ilan Halimi (26/2.06), assassiné par le « gang des barbares », la Ligue de Défense Juive (LDJ) défilait derrière le camion de SOS Racisme… Evidement les slogans étaient différents. Les premiers hurlaient : "Fofana, salaud, les juifs auront ta peau !", tandis que les autres criaient : "La France unie contre la barbarie !". De loin personne ne pouvait différencier le poing jaune sur fond d'étoile de David des drapeaux de la LDJ, des khamsa jaunes ou « mains de Fatma » de l'association antiraciste.
Mossad, terrorisme et affaires étrangères Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères d'Israël et officier du Mossad, est la fille d'Eitan Livni, chef du commando de l'Irgoun auteur de l'attentat terroriste commis en 1946 contre l'hôtel King David à Jérusalem, où 28 britanniques, 41 arabes, 17 juifs et 5 autres personnes, avaient été tués. Elle est membre du Mossad depuis l'age de 22 ans. Elle a notamment participé à une tentative d'assassinat du leader palestinien Abou Daoud et à la destruction du centre nucléaire irakien Osirak en 1981. http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article348712.ece ETATS-UNIS L’influence du « lobby israélien » par Marina Forti (il manifesto - 26/3/06)
Deux chercheurs étasuniens se demandent, sur le site de Harvard(*), pourquoi Israël peut déterminer la politique des Usa au Moyen-Orient
L’article a déjà suscité de grandes polémiques aux Etats-Unis (et plus encore en Israël), même si aucune revue étasunienne ne l’a publié. Il s’intitule «The Israel Lobby and Us Foreign Policy » (« Le lobby israélien et la politique extérieure des Etats-Unis »), de John Mearsheimer de la University of Chicago et Stephen Walt de la John K. Kennedy School of Government de l’Université Harvard. Et il part d’une question : « Pourquoi les USA ont-ils mis de côté leur propre sécurité et celle de nombre de leurs alliés pour promouvoir les intérêts d’un autre état ? ». La réponse, argumentée en 83 pages, est : la profonde influence, aux USA, des groupes de pression pro israéliens sur la politique étrangère étasunienne. L’article est sur le site Web de l’université de Harvard, parmi les « working papers » ; après les premières réactions furibondes de groupes pro israéliens, l’université a ajouté une apostille : « Les opinions exprimées n’engagent que leurs auteurs ». Une version brève est parue le 23 mars sur la London Review of Books (www.lrb.co.uk ). L’article renverse l’idée courante qu’Israël et Washington sont alliés parce qu’ils partagent la menace du terrorisme : « Les USA ont un problème de terrorisme en grande partie parce qu’ils sont étroitement alliés à Israël, et non le contraire », soutiennent les auteurs. Et selon eux, rien n’explique le soutien étasunien à Israël – qui est depuis 1976 le plus grand bénéficiaire d’aide économique et militaire des USA, avec environ 3 milliards de dollars en assistance directe par an – si ce n’est « le pouvoir inégalé du lobby israélien ». Par ce terme l’article désigne l’ensemble des groupes qui travaillent pour diriger la politique étrangère US dans un sens pro israélien (le terme « lobby » n’a rien de négatif aux USA, où la pression de « groupes d’intérêt » au Congrès est ouverte et codifiée). Aucun autre groupe, font remarquer Mearsheimer et Walt, « n’est jamais arrivé à entraîner (la politique étrangère étasunienne) aussi loin de ce que voudrait l’intérêt national, arrivant même à convaincre les Américains que les intérêts Us coïncident avec ceux d’Israël ». Ils énumèrent : l'American Israël Public Affairs Committee (Aipac, le deuxième plus puissant lobby au Congrès) ; la Conférence des présidents des Organisations juives, le Jewish Eastern Institute for National Security Affairs, le Washington Institute for Near Easterns Policy, les Christian Zionists. Ces groupes se consultent souvent avec les dirigeants israéliens et travaillent pour que la politique US soit fonctionnelle avec les objectifs d’Israël, disent les auteurs. Même si, d’ailleurs, celui-ci n’est pas un allié si fidèle : il a remis des technologies « sensibles » à la Chine, ennemi potentiel des USA ; il a mené des opérations d’espionnage contre les USA eux-mêmes. L’article analyse les outils du lobby israélien : l’influence au Congrès, la capacité de récompenser les députés sympathisants par des fonds et des votes, et de punir les adversaires ; l’influence sur la presse, et dans les universités. Une arme « parmi le plus puissantes est l’accusation d’antisémitisme » contre ceux qui critiquent les politiques israéliennes. Le lobby a poussé l’administration Bush à débarquer Arafat et soutenir la politique de Sharon, le lobby, toujours, « veut que l’Amérique aide Israël à rester la puissance régionale dominante ». La pression d’Israël et du lobby ont été « un facteur crucial » dans l’invasion de l’Irak en 2003, motivée non pas par le pétrole, mais par l’idée de donner une sécurité stratégique à Israël. Maintenant, c’est Israël, et le lobby, qui poussent contre la Syrie (qui avait pourtant fourni aux USA d’excellents renseignements sur Al Qaeda, remarquent les auteurs) et contre l’Iran. L’influence du lobby, concluent Mearsheimer et Walt, a rendu impossible de mettre fin au conflit israélo-palestinien (« chose qui donne aux extrémistes une arme de recrutement puissante »). « Grâce au lobby, les USA ont de fait permis l’expansion d’Israël dans les territoires occupés, se rendant complice des crimes contre les Palestiniens ». La seule bonne chose, concluent les deux chercheurs, est que « les effets contre-productifs (du lobby) sont de plus en plus difficiles à cacher ».
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/26-Marzo-2006/art52.html Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
(*)
The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy
(site de l’Université de Harvard)
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Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez – Carte p. 1 : Stanford University
Contact AFI : Gilles Munier – Courriel : gilmun@club-internet.fr
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ISSN : 1773 – 9780
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