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Bulletin des Amitiés franco-irakiennes n°83
www.albasrah.net
 

LA FRANCE VEUT SA PART DU « GÂTEAU » PÉTROLIER IRAKIEN (page 2)

 

n°83

  15 février 2008

 

FORMATION DE MEMBRES

DES SERVICES DE SÉCURITE IRAKIENS PAR LA FRANCE ?

L’Elysée ne répond pas

 

Monsieur le Président de la République,

 

C’est avec consternation que nous avons appris - si l’on en croit une déclaration de Jalal Talabani, reprise par l’agence de presse koweïtienne Kuna le 4 novembre 2007 -  que la France s’apprêterait à entraîner des membres des services de sécurité irakiens. Cette initiative prise sous la présidence de Jacques Chirac, avait été abandonnée lors des négociations engagées avec la Résistance irakienne en vue de libérer les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesneau, puis l’ingénieur Bernard Planche.

 

Certes, la France a voté – contre toute attente - la résolution 1511 du Conseil de sécurité du 16 octobre 2003 avalisant de facto l’occupation de l’Irak par les forces américaines et britanniques, mais elle estimait jusqu’ici que les conditions n’étaient pas remplies pour s’engager plus avant dans ce pays. Le seraient-elles maintenant ? Permettez-nous d’en douter.

 

Depuis le vote de cette résolution, la situation en Irak n’a changé, malheureusement, que pour empirer :

 

§          le gouvernement installé par l’administration américaine n’a ni légitimité, ni autorité ;

§          le « nouvel Etat irakien » est infiltré, à tous les niveaux, par les milices chiites pro- iraniennes ;

§          le nettoyage ethnique a vidé certaines régions du pays de leurs habitants irakiens ancestraux : Arabes, Assyro-Chaldéens, Turcomans, Yézidis, Shabaks, Sabéens ;

§          60 000 Irakiens croupissent, selon la Croix-Rouge Internationale, dans des camps et des prisons ;

§          d’autres dont le nombre est inconnu souffrent dans des prisons secrètes tant en Irak qu’à l’étranger;

§          la torture a été instituée en pratique systématique d’interrogatoire, selon Amnesty     International ;

§          les exécutions sommaires ne se comptent plus ;

§          la facture humaine de la « libération » de l’Irak se solde, selon l’institut Opinion Besearch Business (ORB), par plus d’un million de civils tués, plus de quatre millions de réfugiés et de déplacés ;

§          43% des Irakiens vivent, selon Oxfam International, dans « une absolue pauvreté » ;

§          le pays a subi des destructions d’une ampleur inimaginable, sans reconstruction effective ;

§          les  sites archéologiques mésopotamiens - mémoire de l’humanité – continuent d’être pillés.

 

« La France doit s’abstenir de former

ceux qui seront chargés d’arrêter les Guy Mocquet irakiens… »

 

Monsieur le Président de la République,

 

Dans le contexte irakien actuel, le projet de former des membres des forces de sécurité est dangereuse et, moralement, injustifiable. Il ne ferait que renforcer la chasse aux résistants et le nettoyage ethnique.

 

Les Irakiens formés en Jordanie sont, le plus souvent, recrutés -  dans leur majorité -  en fonction de leur degré d’allégeance à des religieux extrémistes ou à des chefs maffieux. Quelles que soient les qualités morales qui leur seraient inculquées, on ne maîtrisera pas l’utilisation que pourrait en faire un gouvernement disqualifié.  

 

En formant des membres des services de sécurité irakiens, la France mettrait la main dans un engrenage qui la discréditera aux yeux de la Résistance. Qui plus est : elle devra un jour accorder un visa à ceux qui, avec leur famille, seront menacés de mort pour avoir commis des exactions, collaboré avec l’ennemi, ou dont le régime de Bagdad voudra se débarrasser.

 

Alors que la France vient de célébrer, à votre initiative, le souvenir du lieutenant Morel, chef de la Résistance française au Plateau des Glières, et la mémoire de Guy Mocquet fusillé par les Allemands, elle s’honorerait aujourd’hui d’être solidaire de la Résistance irakienne.

 

Monsieur le Président de la République, la France doit s’abstenir de former ceux qui seront chargés d’arrêter les Guy Mocquet irakiens.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l'assurance de ma haute considération,

 

Maurice Buttin

Co- vice président des Amitiés franco-irakiennes

 

Cette lettre, adressée le 5 décembre 2007, est restée sans réponse.

 

 

 

LA FRANCE VEUT SA PART DU « GÂTEAU » PÉTROLIER IRAKIEN 

Marchandages prévus à Paris le 25 février….

 

 

« Bon appétit, Messieurs ! »

 

Depuis l’invasion américaine d’avril 2003, personne ne sait réellement quelle est la production pétrolière  de l’Irak, où va le pétrole. On connaît en revanche ceux qui en profitent : les compagnies pétrolières anglo-saxonnes, Israël, et les chefs des milices pro–iraniennes ou kurdes. L’argent du pétrole finance sans compter l’occupation du pays, les exactions sanglantes et l’expulsion par la terreur des gêneurs arabes sunnites, turcomans ou assyro-chaldéens, pas la reconstruction du pays, ni l’aide aux 4,5 millions de réfugiés en Irak ou à l’étranger qui vivent pour la plupart dans un dénuement total.

 

Mais ce n’est pas encore suffisant… Le « Royal Institute for International Affairs », appelée aussi Chatham House, a organisé les 4 et 5 février dernier une conférence sur l’avenir du pétrole irakien, financée par la British Petroleum, ExxonMobil, Shell et le norvégien StatoilHydro. Etaient présents côté irakien : Hussain Al-Shahristani, “ministre” du Pétrole et Ashti Hawrami, « ministre » des Ressources naturelles du « Gouvernement régional kurde ». La conférence avait notamment pour but de convaincre le régime de Bagdad et Erbil de s’entendre rapidement sur la répartition des royalties et de faire voter la loi sur la privatisation du pétrole et du gaz, refusée  – selon les sondages – les deux-tiers de la population, des parlementaires, les syndicats du Pétrole et – évidement – toutes les organisations de résistance.

 

Pour faire passer la loi, les compagnies pétrolières auraient débloqué 150 millions de $ pour acheter le vote de parlementaires irakiens. Cinq millions de $ seraient alloués aux députés récalcitrants, une somme faramineuse, mais une poussière au regard des bénéfices gigantesques engrangés.

 

Nicolas Sarkozy aurait parlé « pétrole » avec George Bush lors de ses vacances aux Etats-Unis en août dernier. Bien qu’il le démente, la France s’est repositionnée dans la perspective de la partition de l’Irak en ouvrant un bureau d’ambassade à Erbil et bientôt à Bassora. Le feu vert a été donné à la société texane Hunt Oilproche de Bush – et à la française Perenco – composée d’anciens d’Elf -  pour signer des contrats avec la Région autonome kurde. Les sarkozistes veulent leur part du gâteau pétrolier irakien. Une conférence, calquée sur celle de Londres – mais en moins fastueux - devrait se tenir à cet effet à Paris, du 25 au 27 février, à la Maison des Sciences de l’Homme (54, Boulevard Raspail). Mais qui sait de quoi l’avenir est fait ? Le dernier mot reviendra tôt ou tard au peuple irakien et, ce jour là, la France devra payer pour son fourvoiement pro américain.

 

Il n’est évidement pas interdit de protester en France contre la spoliation du peuple irakien, comme l’ont fait des Britanniques devant Chatham House. On peut adresser, par exemple, un courriel à ce sujet à Nicolas Sarkozy, via le site officiel de l’Elysée : http://www.elysee.fr/accueil/.

 

                                                                                                                                       Gilles Munier

 

 

ACTUALITÉ

 

Les « semences de la démocratie »

En Irak, la pratique millénaire de récupérer les graines

pour les semer d’une année sur l’autre est devenue illégale…

 

L’agriculture est née en Mésopotamie voici dix mille ans. La vaste plaine alluviale fertile située entre le Tigre et l’Euphrate avait permis de cultiver toutes les variétés de blé connues aujourd’hui. Depuis 2003, l’Irak n’a pas été seulement spoliée de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.

 

En effet, parmi les cent ordonnances scélérates édictées sous l’administrateur provisoire Bremer, qui ont force de loi, l’ordonnance 81 du 26 avril 2004, a livré le pays en pâture aux géants de l’agro-alimentaire qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabricant de l’agent Orange).

 

Rédigée de façon très perverse, elle a institué de fait une obligation pour les cultivateurs de céréales d’acheter chaque année aux multinationales une licence, leurs semences transgéniques et les herbicides très toxiques qui leur sont associés en totale violation de la juridiction irakienne qui interdisait toute privatisation des ressources biologiques. Ces firmes détiennent un droit de propriété intellectuelle leur accordant pendant vingt ans le monopole sur les plantes du patrimoine irakien sur lesquelles elles ont fait un hold-up pour les modifier génétiquement et les breveter.

 

La pratique millénaire de récupérer les graines pour les semer d’une année sur l’autre est donc devenue illégale, et les agriculteurs « coupables » d’enfreindre le diktat de l’occupant encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations !

 

Les fermiers devenus des serfs sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles (destinées pour moitié à l’exportation), au seul bénéfice de Monsanto et consorts, alors que la population irakienne meurt de faim.

 

Les OGM représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. La pollution et la perte de la biodiversité qu’ils entraînent sont irréversibles, et ils provoquent à terme la ruine inéluctable des fermiers.

 

Le « terrorisme alimentaire » est avant tout l’une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l’une après l’autre les populations du monde entier. L’Irak est devenue le nouveau laboratoire de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens des cobayes.

 

                                                                                                                                                   Joëlle Pénochet

 

Pour plus d’informations, lire : Monsanto à Babylone, par Joëlle Pénochet

http://internationalnews.over-blog.com/article-16530744.html  

 

BRÈVES

Pâques avec les Chrétiens d'Irak – « Pax Christi France » et le Réseau « Chrétiens de la Méditerranée » organisent  l’opération : « Se préparer à Pâques avec les Chrétiens d'Irak »". Elle a été lancée le 12 janvier en l'église Saint Eustache à Paris, avec le concert  « Liturgies pour la paix ». Un texte de Jean d'Ormesson a été lu à cette occasion.    http://paxchristi.cef.fr/section.php?section=03_06

 

Pâques avec les Chrétiens d'Irak (2) Au sortir de Saint Eustache, tout en reconnaissant qu’il s’agissait d’une heureuse initiative, des participants ont regretté que Jean d’Ormesson n’ait pas désigné les Etats-Unis comme à l’origine du drame vécu par les chrétiens d’Irak. Ils regrettent aussi que l’on ne fasse guère mention de la situation des autres communautés chrétiennes d’Orient (nestorienne, jacobite), et précise que les chrétiens – en plus des malheurs vécus par tous les Irakiens -  ne sont pas seulement victimes de sectes religieuses musulmanes extrémistes, mais aussi et surtout des peshmergas de Massoud Barzani qui veut annexer leurs terres dans son « Grand Kurdistan ». Par ailleurs, l’ Oeuvre d’Orient qui s’émeut avec raison de l’attaque de plus de 40 églises depuis 2004, ne dit pas un mot sur les dizaines de mosquées et de husseiniya détruites par les Américains et les groupes sectaires. Pourquoi ?

 

 

CAMPAGNE DE SOLIDARITÉ AVEC LES RÉFUGIÉS IRAKIENS

Sur une idée du grand musicien irakien Naseer Shamma, virtuose du Oud, la Ligue des Etats Arabes a lancé une campagne de 90 jours en faveur des réfugiés et des déplacés irakiens qui vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté. L’opération est soutenue par l’UNHCR, agence des Nations unies pour les réfugiés, et les grandes chaînes de télévision arabes.

Selon le quotidien Al Arab (21/1/08), le régime de Bagdad a lancé contre lui un mandat de recherche, l’accusant de… discréditer l’Irak.

*Chanson pour Bagdad (N.Shamma avec la chanteuse tunisienne Latifah) :

                                      http://arabwomanblues.blogspot.com/2008/02/song-for-baghdad.html

 

L’affaire du drapeau irakien


 

 

La plupart des médias – y compris l’AFP – a annoncé la modification du drapeau irakien vert – blanc - rouge, décidée le 22 janvier 2008 par le parlement croupion de Bagdad (adoptée par 110 voix contre 50, la plupart des députés étant absents) sous la pression des partis nationalistes kurdes.

 

L’inscription « Allahu Akbar » (Dieu est le plus grand) écrite en vert par le Président Saddam Hussein en 1990, et transcrite en style koufique en 2004, a été officialisée, et les trois étoiles effacées. Selon les médias, ces dernières « symbolisaient le parti Baas ». Elles symbolisaient, selon eux, ses objectifs idéologiques : « Unité, Liberté, Socialisme »…

 

En fait, le drapeau irakien était en vigueur avant la Révolution baasiste de juillet 1968. C’était le drapeau de la République arabe unie (RAU), présidée par Gamal Abdel Nasser, lorsqu’elle comprenait  l’Egypte, la Syrie et l’Irak. Les trois couleurs ne représentaient pas non plus ces Etats, mais sont tirées d’un poème d’Al-Moutanabi (11ème siècle). L’ignorance de certains journalistes n’a pas de limite !

 

Massoud Barzani, « Président » du gouvernement de la Région autonome kurde, aurait préféré l’adoption d’un nouveau drapeau, car il lui rappelait de mauvais souvenir, notamment l’Opération Anfal. Il oublie de préciser que les trois étoiles ne l’avaient pas empêché de demander au Président Saddam Hussein d’envoyer l’armée irakienne au Kurdistan pour le débarrasser de Jalal Talabani en 1996 et qu’il n’avait rien dit lorsque cette dernière avait éliminé – selon l’accord conclu -  une partie des cadres dirigeants de l’opposition installée à Erbil et pourchassé les agents de la CIA qui les conseillaient.

 

Le drapeau irakien pourrait changer radicalement dans un an. Une première tentative avait échoué en 2004, car le projet était inspiré du drapeau israélien ! En attendant, celui adopté en 1990 demeure le drapeau de la résistance irakienne, des anciens combattants des guerres Iran-Irak et du Golfe, d’une partie des chiites, du parti d’Iyad Allaoui… et des milices pro américaines Sahwa de la région d’Al-Anbar qui ne veulent pas donner l’impression de répondre aux injonctions kurdes.

 

 

BRÈVES

Baas - Selon Al Malaf Press Agency (31/1/08), Izzat Ibrahim, chef du parti Bass clandestin, a nommé Salim Al Sahaf (ancien responsable de la région de Diyala) pour le représenter en Syrie.

 

Juba- Le retour – L’Armée islamique en Irak diffuse sur le Net le troisième volet des « exploits » de Juba, le snipper (www.baghdadsniper.net). Avec en fond sonore des chants patriotiques, une dizaine de soldats américains sont abattus par le tireur d’élite. L’organisation annonce qu’elle disposera prochainement de nouveaux fusils et silencieux, avec «bientôt une surprise qui va choquer l’ennemi».

 

Site de l’Armée islamique en Irak

http://iaisite-eng.org/index.php

 

 

Résistance - Le Front du Djihad et du Changement a annoncé, le 20 janvier, l’adhésion de Jaish At-Tabi’in (L’Armée des Croyants). Cette organisation combat « les forces américaines, les milices chiites sectaires et les traîtres à Bagdad et dans les provinces de Diyala et Salah Eddine ».

 

Manœuvres – Des opposants au gouvernement Al-Maliki se sont réunis discrètement début janvier à Leeds, en Grande-Bretagne, pour tenter d’unifier leur position avant de participer à la Conférence de « réconciliation » du Caire. La réunion était co-organisée par Sattam Al Good. Ce riche homme d’affaires irakien a été libéré d’un camp américain de prisonniers en 2005 et a affirmé ensuite que les occupants lui avaient proposé la présidence de l’Irak.    

www.roadstoiraq.com/2008/01/07/secret-meetings-by-the-iraqi-opposition-in-london

 

Nouri Al-Maliki - Selon une rumeur qui circule dans les milieux pro-iraniens à Bagdad, Nouri  Al-Maliki serait victime d’une tentative d’empoisonnement au cyanide de potassium, ce qui expliquerait ses nombreux malaises et son séjour récent dans un hôpital londonien. Yaken News Agency qui rapporte cette information (20/1/08), rappelle qu’avant 2003 les membres dirigeants d’Al-Dawa et de ses commandos terroristes avaient sur eux une pilule de cyanide de potassium à ingurgiter en cas d’arrestation par la police irakienne.

 

Livre – Vient de paraître : « Liban, Chroniques d’un pays en sursis » de Roger Naba’a et René Naba (Ed. du Cygne).

 

NÉCROLOGIE

Jean Bottéro est décédé le 17 décembre 2007 à l’âge de 93 ans. C’était un des plus grands assyriologues français contemporains et un spécialiste des religions mésopotamiennes et de leur influence sur l’écriture de l’Ancien testament. Il avait enseigné l’akkadien à l’Ecole du Louvre. Il laisse une quinzaine d’ouvrages fondamentaux sur la Mésopotamie antique, notamment une traduction de l’Epopée de Gilgamesh.

 

REVUE DE PRESSE

 

§        Irak : Le massascre de Arab Jabbour

            par Tom Engelhardt

 

Le 21 janvier, le Los Angeles Times publiait un article sur l’Irak de Ned Parker et Saif Rasheed, sur un attentat suicide interethnique en Irak, - pourquoi un membre de la tribu de Albu Issa voudrait-il tuer un autre membre, c’est comme les fusillades dans nos écoles aux Etats-Unis- lors d’une réunion à Fallujah, au cours duquel des membres du Anbar  Awakening Council proaméricain furent tués. L’article se terminait ainsi : «  Dans un communiqué, l’armée US a déclaré avoir lâché 19 000 livres d’explosifs sur  la ferme d’Arab Jabour au sud de Bagdad….Au cours des dix derniers jours, c’est à peu près 100 000 livres d’explosifs qu’a reçues la région qui était un passage pour les militants sunnites vers Bagdad. »…. « Aucun des deux journaux n’est revenu sur le sujet bien que ce lâchage soit certainement l’utilisation la plus extensive de la puissance aérienne en Irak depuis  l’invasion par l’administration Bush en 2003 et représente probablement un véritable changement de stratégie militaire dans ce pays. …La presse courante ne s’est pas souciée de couvrir cette histoire convenablement. Pourtant, pour ceux qui connaissent l’histoire du recours à la puissance aérienne, qui, depuis la deuxième Guerre Mondiale, est au cœur de la conduite américaine de toute guerre, le chiffre de 100 000 livres a dû résonner aux oreilles.

 

Le 27 avril 1937, au beau milieu de la guerre civile espagnole, les avions allemands de la Légion Condor ont attaqué la vieille ville basque de Guernica. Ils vinrent par vagues, bombardant en tapis d’abord, puis lançant des bombes incendiaires. C’était jour de marché et il devait y avoir entre 7000 et 10 000 personnes dont des réfugiés dans la ville qui fut entièrement détruite dans l’incendie qui suivit. Plus de 1600 personnes moururent (certains chiffres vont à la baisse). On dit que les Allemands ont lancé quelque 50 tonnes de bombes ou 100 000 livres d’explosifs. Dans les sept décennies qui nous séparent, ces deux chiffres de l00 000  entament une triste histoire de notre époque.

 

Arab Jabour, communauté rurale sunnite, à 15 kms au sud de la capitale irakienne qui a été, récemment, la cible du dernier déversement de 100 000 livres d’explosifs était resté en grande partie hors d’atteinte des troupes américaines et de leurs alliés irakiens. Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les insurgés sunnites qui leur résistent,….

 

http://www.tomdispatch.com/post/174887/bombs_away_over_iraq

 

§        Une semaine en Irak : «Les gens disent que c’est mieux, mais c’est toujours aussi terrible ici »

            par Patrick Cockburn, Independent on Sunday, 3/2/08

 

“Les gens disent que c’est mieux qu’avant” dit Zainab Jafar, jeune femme chiite éduquée « mais ce qu’ils veulent dire c’est que c’est mieux que lors du bain de sang de 2006. Mais, la situation est toujours aussi terrible ». Il y a des points de contrôle partout, j’en ai compté 27 sur la route entre le centre de Bagdad et Fallujah à 40 kilomètres à l’ouest de la capitale. Ces postes de garde assurent une certaine protection mais ils sont aussi une menace car ils sont si nombreux qu’il est facile à des criminels, des kidnappeurs et des milices d’ ériger le leur afin de sélectionner leurs victimes possibles.

 

Je n’étais pas trop inquiet, en ce qui me concerne, car mon chauffeur était un policier de la région et quatre hommes en armes nous suivaient dans un véhicule. Nous avons tourné dans un chemin, guidés par des miliciens en direction de la base cachée de Abou Marouf, ancien insurgé contre les Américains, qui a, maintenant, changé de camp et dirige une force de 13 000 hommes pour lutter contre Al Qaida.

 

Abou Marouf est un homme en colère qui revendique pour lui et ses hommes des emplois à plein temps dans les forces de sécurité irakiennes, dans un délai de trois mois, faute de quoi ils s’arrêteront de combattre Al Qaida et concluront peut-être un accord. « Si les Américains pensent qu’ils peuvent nous utiliser pour se débarrasser d’Al Qaida et ensuite nous mettre de côté, ils se trompent » dit-il. Il menace non seulement de mettre un terme à ses opérations contre Al Qaida mais de s’allier à eux à nouveau. Je ne le crois pas parce que Al Qaida a égorgé son frère et 450 membres de sa tribu, les Zubai, ont été tués par cette organisation.

 

§        Georges Ibrahim Abdallah, un otage des Etats-Unis, en France

             par  Youssef Boussoumah  (indigenes-republique.org)

 

Ibrahim est depuis 8 ans victime d’une autre discrimination. Un acharnement judiciaire inouï. En effet, alors qu’il a fini depuis longtemps de purger sa peine de « sûreté » de 15 ans, depuis 1999, il est malgré tout maintenu en détention. Du fait encore une fois des pressions Etats-uniennes et des craintes françaises de déplaire à Israël. Plus grave, alors que toute la classe politique libanaise, musulmans comme chrétiens, droite comme gauche, gouvernement comme opposition est unanime à réclamer la libération de celui qu’elle considère comme un enfant du pays, il existe en France un consensus significatif tel qu’aucune organisation politique ou de défense des droits de l’homme, en dehors du comité « Ne laissons pas faire » et de quelques autres groupes militants, aucun parti ni organisation, n’a jamais cru bon dénoncer ou si peu cet incroyable déni de justice, sans doute l’un des plus grands scandales politico-judiciaires des trente dernières années. Et pourtant, son avocat, maître Jacques Vergés, vient de déposer la 7eme demande de libération conditionnelle depuis 1999, demande dont le verdict sera connu le 31 janvier 2008 et dont tout porte à craindre qu’elle sera rejetée comme les précédentes. Il est clair que Georges Ibrahim paie aujourd’hui sa fidélité à la cause palestinienne et libanaise ainsi que la forfaiture d’une France qui poursuit son alignement systématique sur Washington. En effet soit ce prisonnier est considéré par l’Etat français comme un prisonnier banal, aussi, ayant déjà subi sa peine et répondant aux critères de libération conditionnelle habituellement exigés, il devrait être remis en liberté sans plus tarder, soit la France reconnaît officiellement qu’il s’agit d’un prisonnier spécial, un otage de la guerre que les Etats-Unis et Israël mènent contre les peuples arabes et qu’elle collabore à ce lynchage carcéral. Mais dans ce cas on ne comprend pas très bien à quoi rime cette comédie judiciaire depuis 24 ans. Autant annoncer la couleur : un prisonnier révolutionnaire arabe en France relève d’une justice spéciale. On s’interroge tout de même sur ce que ce pays a à gagner à se faire collaborateur d’Etats hors droit. (…)

 

Nota : La décision concernant la libération de Georges Ibrahim Abdallah,  attendue le 31 janvier 2008,  a été reportée  au 17 avril 2008.

BRÈVES

OTAN – Le ministère irakien de la Défense a reconnu que l’OTAN a livré récemment 110 véhicules blindés en Irak. Des instructeurs occidentaux forment actuellement des éléments de la « nouvelle armée irakienne » à leur utilisation.

 

Ashoura sanglante – Les troupes d’Al-Maliki se sont opposées violemment, le 19 février, à des chiites millénaristes qui célébraient la mort de l’Imam Hussein. A Bassora, une vingtaine de pèlerins de Jund Al-Samaa a été tuée et une quarantaine, arrêtés. Ses membres croient au retour imminent du Mahdi, 12ème Imam, disparu au 8ème siècle et qui doit revenir pour rétablir la paix et la justice. A Nassiriya, 35 partisans de l’ayatollah Ahmed al-Hassani ont été tués, et 120 arrêtés à Mussayeb, Bassora et Nassiriya. Cet ayatollah s’est déclaré ambassadeur du Mahdi. Le groupe Ansar Al-Mahdi, impliqué dans les troubles à Bassora, réclame un retour à la stricte orthodoxie chiite, c'est-à-dire à la doctrine akhbari qui rejette comme contraire au Coran le taqlid (imitation d’un mujtahid) et le paiement d’une taxe (khum) à un ayatollah.  Ces organisations sont toutes opposées à la main mise de l’Iran sur le clergé irakien

 

Division d’0r - Moqtada Sadr a créé la “Division d’or” pour rétablir l’ordre parmi ses partisans, certains d’entre eux utilisant son nom pour rançonner la population et tuer les récalcitrants. Il poursuit par ailleurs sa formation religieuse sous la direction des ayatollahs Mahmoud Hashemi Shahroudi et Ishaq Fayadh. Le Général Petraeus lui donne désormais le titre de « Seyyed » qui désigne les descendant du Prophète par sa fille Fatima. Il a ordonné à ses collaborateurs de faire de même.

http://www.uruknet.de/?s1=1&p=40271&s2=20

 

Bassora - Lors d’une conférence de presse donnée à Bassora, Muhan al-Furayji qui commande les forces de sécurité du régime de Bagdad, a dénombré 28 partis dans la région, 75% d’entre eux possédant une milice armée. Les policiers, a-t-il déclaré, sont membres de milices qui se combattent les unes les autres et sont à l’origine de nombreux crimes. Autre facteur de la dégradation de la sécurité : les frontières ouvertes avec les pays voisins, notamment sur le Chatt Al Arab. (Yaqen News Agency 29/1/08)

 

Turkmeneli - Le Front Turcoman a demandé une nouvelle fois (31/1/08) au gouvernement de Bagdad de les protéger contre les « actes de génocide » dont ces derniers sont victimes. Il menace de créer sa propre milice.

 

Expansionnisme kurde (suite)

Massoud Barzani a averti les Etats-Unis qu’il ne veut pas de milices pro- américaines Sahwa (Réveil) dans les régions de Kirkouk et de Mossoul, et dans les  « territoires disputés » (Sindjar, nord du Diyala), car leur présence rendrait difficile l’intégration de ces régions dans le « Grand Kurdistan ». Les peshmergas suffisent, selon lui, pour maintenir un ordre qui ne peut être que kurde.

 

La résistance, opposée à la partition de l’Irak, ne fait pas la différence entre les miliciens Sahwa et les peshmergas qui pratiquent le nettoyage ethnique à grande échelle dans le nord du pays.

Illustration by Nino Jose Heredia/Gulf News

 

No Bravery - A nation blind to their disgrace (Vidéo - 4 minutes)

par le chanteur - compositeur James Blunt

http://www.informationclearinghouse.info/article11799.htm

 

PALESTINE

 

Prisonniers politiques palestiniens en Israël

par Xavière Jardez

 

La visite du leader libyen, Mouammar Al Khaafi, en décembre dernier, a fait sursauter Rame Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, parce qu’elle coïncidait avec la Journée Internationale des Droits de l’Homme, mais l’invitation à un colloque, dans le même temps, organisé à Paris par France-Israël et Avocats sans Frontières du criminel de guerre israélien, Moshé Yaalon, sous le coup de plusieurs plaintes aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Nouvelle-Zélande pour répondre des crimes commis par les forces d’occupation israéliennes en Palestine n’a pas provoqué, chez elle, la même indignation. Comme n’en provoquera pas le déni des droits des prisonniers politiques palestiniens en Israël selon ce qui suit :

 

Total des détenus politiques                                      10 400

                                                Femmes                                         90

                                                Enfants mineurs                            328

                                                Célibataires                               7 180

                                                Mariés                                        3 220

                                                Parents                                                  5 755                

                                                Membres du Parlement                  46

 

Durée d’incarcération

                                                15 ans ou plus                                         870

                                                20 ans ou plus                                65

                                                25 ans ou plus                                 8

 

Déni des droits de l’homme

·          Aucun avocat ou témoin n’est autorisé pendant les interrogatoires

·          La torture est légale en Israël et les aveux obtenus sous la torture sont considérés comme valides et ont force obligatoire

·          La détention administrative est basée sur des preuves qui ne sont  communiquées ni aux avocats, aux prisonniers et aux autres intéressés. Aucune preuve n’est requise pour les arrestations ou les détentions indéfinies.

·          Les avocats n’ont aucun rôle devant un tribunal émettant une sentence fondée sur la détention administrative. Les Palestiniens contrairement aux Juifs sont passibles de tribunaux contrôlés et administrés par l’armée et ses services d’intelligence, tant au civil qu’au pénal.

 

Depuis 1967, Israël a arrêté et détenu plus de 755 000 Palestiniens dont :

 

                                                98 000 sont ou étaient des enfants âgés de moins de 18 ans

                                                10 000 sont ou étaient des femmes.

 

A l’heure actuelle

1180 prisonniers palestiniens sont malades et 120 sont en phase terminale, dont le cancer. Contrairement aux Etats-Unis et en Europe, Israël ni ne paie ni ne fournit de traitement médical complet aux prisonniers non-juifs dans ses prisons.

 

Des milliers de familles, d’amis et d’avocats des prisonniers palestiniens n’ont pas de droit de visite sous le prétexte le plus récurrent qu’ils « constituent une menace pour la sécurité » de l’Etat d’Israël.

 

Le manque d’alimentation nutritive dans les prisons israéliennes est l’objet d’une abondante documentation. La qualité de la nourriture donnée aux détenus palestiniens est bien en deçà des normes internationales d’une manière constante.

 

Source : Ministère des Détenus (Washington report – janvier 2008)

 

La France va-t-elle assurer le maintien de l’ordre en Palestine?

L’ancien député communiste Jean-Claude Lefort s’inquiète de la proposition faite par Nicolas Sarkozy à Mahmoud Abbas d’« aider les services de sécurité palestiniens au maintien de l’ordre ». On est bien loin », dit-il, «  de la vision d’une force internationale installée sur les frontières de 67 et à Jérusalem-Est. Allons-nous envoyer des forces là-bas pour effectuer des « opérations de maintien de l’ordre » en Cisjordanie et à Gaza ? »…

« Qui ne voit que l’unité inter- palestinienne sera ruinée définitivement avec cela qui s’appelle purement et simplement de l’ingérence ? C’est pourtant ce qui est ainsi clairement recherché, qui renvoie aux calendes grecques toute issue politique du conflit, et cela au prix de terribles conséquences multiples, notamment politiques pour l’Autorité palestinienne mais aussi pour la France ».

 http://www.europalestine.com/spip.php?article2922

Fichage technologique des Irakiens

 

La guerre tous azimuts contre la Résistance oblige les Américains à investir 195 millions de dollars, au cours des deux prochaines années, dans le développement de laboratoires médico-légaux en Irak et en Afghanistan où seront stockés les images d’iris, les échantillons d’ADN, les empreintes digitales, entre autres outils de fichage des insurgés. Le programme avait d’ailleurs commencé dans ses deux pays, dès 2004.

 

C’est ce qui ressort d’un rapport du Pentagone de  244 pages préparé par un groupe de 100 militaires et scientifiques réunis en août dernier à Fort Gillem en Géorgie. Il propose d’ouvrir deux nouveaux laboratoires – 6 au total- en Irak, cette année, et d’y établir une base de données pour comparer, chaque année,  les échantillons d’ADN recueillis sur 30 000 prisonniers avec d’autres personnes ainsi que les empreintes digitales prélevées sur les restes des engins explosifs ou les armes. De plus, l’analyse de l’ADN permettra de traquer les parents des détenus au travers d’un profil génétique. L’ensemble des données collectées, notamment les empreintes digitales, est chargé dans un équipement manuel utilisé par les troupes US sur le terrain.

 

« Si nous pouvons rassembler ses empreintes, l’image de son iris, son ADN, sa photo et les rendre accessibles aux soldats, alors peu importe qui il dit être, nous le savons » déclare un colonel des Marines, Gary Wilson.

 

Source: USA To Day (12/11/07)

 

BRÈVES

Scission - Mazen Makiyah, secrétaire général de Ansar al-Dawascission du parti Dawa de Nouri Al-Maliki – a accusé les Etats-Unis et l’Iran, le 9/2/08, de se servir de l’Irak comme champ de bataille. http://www.uruknet.de/?s1=1&p=40998&s2=10

 

Obama et la question palestinienne - Lors d’une conférence téléphonique avec le Jerusalem Post  et des journalistes israéliens, Barack Obama a déclaré que Les réfugiés palestiniens sont citoyens de l’Etat où ils se trouvent et n’ont pas un droit « littéral » de retour en Israël. « Le contour de n’importe quel accord devrait inclure la garantie qu’Israël demeure un état juif », a-t-il précisé. Il soutient la solution de deux Etats, si les Palestiniens « sont capables de fournir l’appareil de sécurité qui empêcherait les attaques continues contre Israël ».

Cette prise de position pro-israélienne intervient après que ses adversaires aient prétendu qu’il est, en fait, musulman et a reçu « une éducation radicale wahhabite ». (Jerusalem Post -  29/1/08)

 

Le rabbin dit merci - Le Grand rabbin ashkénaze Yona Metzger, ancien capitaine dans l’armée israélienne, a remercié George Bush, à son arrivée à Tel-Aviv, pour son soutien à Israël et plus particulièrement pour  être entré en guerre contre l’Irak. Metzger est, selon la chaîne CBS, une des 12 personnalités religieuses les plus influentes au monde.

http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1198517335513&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

 

Menace israélienne - Le nouveau missile israélien, testé le 16 janvier à la base aérienne Palmachim, au sud de Tel-Aviv, est certes capable d’atteindre Téhéran, mais également, Moscou, Berlin et Paris. Qu’on se le dise !       http://www.haaretz.co.il/hasite/images/printed/P180108/a.a.1801.1.1.9.jpg

 

 

L’ancien patron de la DST accuse les Etats-Unis de semer la division au Liban

Dans une interview à l’hebdomadaire Al-Intiqad, Yves Bonnet – ancien directeur de la DST - a déclaré que trois pays veulent mettre les pieds au Liban : les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël. La coopération saoudo-israélienne s’exerce, dit-il, par l’intermédiaire des « des gens de David Welch » - secrétaire d’État adjoint américain pour le Moyen-Orient - sur Walid Joumblatt, Samir Geagea, Saad Hariri et Fouad Siniora. Il accuse les Etats-Unis de favoriser les divisions parce qu’elle « servent les intérêts d’Israël ».    http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=35185&language=en

 

 

 

 

 

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez

 

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ISSN : 1773 – 9780

 
 
 
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